http://www.mairie-coutiches.fr/index.php/decouvrir-coutiches/hier-et-aujourdhui

 

1) Toponymie :

D’après différentes sources, Coutiches viendrait pour les uns : du latin COSTICENSES (petites fermes sur le versant de la colline), pour d’autres : de COTICIA dérivé de COTA (Maison du Paysan). COUSTICES, nommée ainsi en 1219 pour devenir COUTICHES en 1787

2) Géographie :

Coutiches  se trouve dans le département du Nord, situé en région Nord Pas-de-Calais. Coutiches  est rattachée à la Communauté de communes Espace en Pévèle. 

Il compte pour voisins Auchy les Orchies, Flines lez Raches, Orchies, Bouvignies et Faumont.

La superficie de Coutiches est de 1634 hectares (16.34 km2) avec une altitude minimum de 17 mètres et un maximum de 48 mètres.

Un ruisseau traverse le village appelé «Le Courant de Coutiches».

Sa population est de 2 724 habitants (recensement publié en 2012) avec une densité de 166,71 personnes par km2.[Source:www.conseil-general.com]

Jusqu'au début du XIXème siècle où COUTICHES et FAUMONT se séparent, le village est le plus vaste et le plus peuplé de la région. Il s'étire de MONS-EN-PEVELE à BOUVIGNIES

Hormis le Grand et le Petit Bourg pour le centre du village, les hameaux qui constituent Coutiches évoqueraient certaines particularités du village ; comme les Ramoniers où l’on aurait fabriqué des ramons, balais composés de fêtus de pailles sertis à l'extrémité d'une branche ; les Sars et Louviers où devaient roder les loups du bois de Flines ; le Moulinet et le Molinel, sans doute nommés ainsi par la présence de petits moulins qui devaient couronner les abords de la plaine de Bélande. On notera également les hameaux de la Picterie, du Bru, et de l'Houssoye.

 

3) Histoire :

 

 - Premiers jalons de l'histoire de Coutiches:

 

Au moyen-âge, Coutiches faisait partie du comté de Flandre. Le Roi Charles le Chauve l'a créé en 864 pour son gendre Baudouin Bras de Fer.


Progressivement les comtes deviennent plus puissants et plus riches que les Capétiens, rois de France. Ils ne cessent de lutter contre leur suzerain pour conserver leur indépendance. Ils n'hésitent pas à s'allier à des souverains étrangers : Roi d'Angleterre ou empereur d'Allemagne.

 Les batailles de BOUVINES (1214) et MONS -EN-PEVELE (1304) qui découlent de ce ces luttes, se soldent par les victoires de Philippe Auguste et Philippe le Bel. Elles représentent d'amères défaites pour les Flamands. 

On sait que les seigneurs de COUTICHES, NOMAIN, LANDAS, BERSEE combattirent à BOUVINES au côté de Ferrand du Portugal, l'époux de la comtesse Jeanne. C'est le célèbre "Ferrand le Ferré", enchaîné et retenu 12 ans en captivité à PARIS.

 

Grande humiliation et souffrances des habitants. Les Coutichois craignent et détestent les rois de France et leurs lourds impôts.

Faute d'héritier direct, le comté revient à Marguerite, soeur de Jeanne.

En 1234 on trouve mention d'une CILIA, censière d'Hellignies, titulaire de la mairie de COUTICHES. C'était un fief qu'on achetait et transmettait à ses descendants. Les fonctions de cette première mairesse n'avaient rien à voir avec les élections et les attributions des maires actuels.

En 1244, Marguerite donne le marais de FLINES à six villages dont COUTICHES. Les revenus sont réservés aux pauvres jusqu'en 1818 : 198 rasières soit environ 98 hectares. Il fallait financer la construction de l'église. Le XIIIème siècle connaît des années de prospérité grâce à l'activité drapière. On file et on tisse la laine dans toutes les chaumières.

 

 - Coutiches au travers des guerres européennes:

         En 1384, suite au mariage de l'héritière de la Flandre avec Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, Coutiches devient sujet bourguignon.

Au XVème siècle, il devient l'un des états les plus riches de l'Europe occidentale. La maison de Flandre ne donnant que de rares fils, c'est encore par mariage d'héritières que Coutiches passe aux Habsbourg d'Autriche. Marguerite de Bourgogne  apporte Coutiches en dot à l'archiduc Maximilien.


         En 1519, Charles Quint, flamand né à GAND, petit fils de Maximilien et de Marguerite, hérite la Flandre de sa grand mère. Déjà roi d'Espagne, d'Autriche, des Pays-bas, des Amériques, il est alors élu empereur d'Allemagne. Grande colère de son rival Francois 1er.  Suivent trente ans de guerres destructives. Le roi de France, prisonnier à PAVIE, perd définitivement ses droits de suzeraineté. Le comté est placé sous l'autorité directe de Charles Quint.

 

En 1532, le duc de Croÿ est gouverneur, entre autres, des villes et chatelleries de LILLE, DOUAI et ORCHIES dont Coutiches dépend.


En 1555, Charles Quint abdique. Il partage son empire entre son frère et son fils Philippe II, roi d'Espagne. La Flandre échoit à ce dernier. Coutiches dpend alors des Pays-bas espagnols.

 

 Seconde moitié du XVIème siècle, la réforme calviniste gagne la Pévèle. Les "gueux", groupe de protestants fanatiques, courent la campagne, pillent, détruisent églises et chapelles. Les espagnoles, censés nous protéger, vivent sur un pays exsangue jusqu'en 1586... Trente années de misère. 
Et la France reprend les hostilités sous Louis XIII et louis XIV. Va et vient des troupes qui saccagent la contrée. Les soldats volent, tuent, violent, icendient l'église en 1654, mettent à sac la ferme d'Hellignies en 1656. Les habitants terrorisés ne sortent plus de chez eux, ne cultivent plus les champs trop éloignés, n'osent plus aller à l'église faire baptiser leurs enfants.


Juillet 1664 voit la prise de DOUAI. Le traité d'AIX-LA-CHAPELLE en 1668, donne  DOUAI, ORCHIES, LILLE à la France. Les habitants ne se réjouissent absolument pas de ce rattachement à un pays où les impôts sont lourds. Il faudra financer les guerres, les luxes de la cour, la construction de Versailles. Par contre, les flamands savent gré aux souverains bourguignons, autrichiens et espagnols de leur avoir conservé une certaine autonomie et apporté la prospérité anéantie par les troupes françaises. L'intégration au royaume de la France sera d'autant plus lente que subsistera jusque la révolution, une barrière douanière entre les provinces du Nord et le reste du pays.

 En 1694 Vauban qui fortifie la nouvelle frontière, parle du "peu d'affection des habitants pour la France".

         Louis XIV, la Reine et la Cour passèrent par le Camp de Coutiches où stationnaient les troupes de l’Armée Française qui menaient le siège de Douai. Ils séjourneront au Château de Pintignies lors de la prise de Valenciennes de la présence Espagnole.

 

         - Histoire contemporaine du XXeme Siècle:

         Lors de la première guerre mondiale, les troupes allemandes rançonnaient le pays : réquisitions, contributions de guerre (75.000 francs de 1815 à 1818, 51.000 en 1915), corvées, logement des soldats, sans compter les destructions et les morts.

Lors de la seconde guerre mondiale, Coutiches sera choisie pour le parachutage des armes et des munitions destinées aux résistants de la région.[Extraits du guide pratique Mairie - 2005 - Stéphane TRELA]

 

 
4) Activités économiques :

 

         - L'agriculture :

         Pendant de longs siècles, Coutiches était une commune dont l'activité économique était essentiellement dirigée vers l'agriculture.

En 1960, le lin et le seigle ont peu à peu été abandonnés au profit de la production du blé. La culture de la betterave était délaissée après avoir vécu un temps doré, du fait de dégénérescence.

Pour preuve de la transformation de l'agriculture, la culture des champs avec chevaux disparaît peu à peu au profit de l'apparition des tracteurs.

Les petits agriculteurs se mettent à la culture maraichère, aidés semble-t-il par la fertilité des sols propres à cette exploitation précise.

L'activité du commerce liée intimement à l'agriculture, au travers des semences, par le passé riche, décline petit à petit pour ne plus compter qu'en 1960 deux maisons au lieu de 6 en 1930.

 

         - L'industrie :

         Massivement développé, le tissage de laine et de lin contribuait à alimenter la confection de draps envoyés vers les villes d'Orchies et de Douai. Pour preuve,  le nombre important de tisserands constaté à Coutiches durant les siècles.  Cette industrie a peu à peu déclinée, fonction là aussi de la baisse de la production des récoltes de lin constatée dans l'agriculture et des révolutions technologiques du monde du textile alors en marche depuis la fin du XIXeme siècle : « 160 ouvrières travaillant à domicile étaient occupées à la fabrication des vêtements pour la région de Lille-Roubaix-Tourcoing » [Etude sur la commune de Coutiches, 1963, E.DUBART, Maire de Coutiches]

De même, Coutiches, spécialisé localement pour la production de balais dits « ramons », alors installée à l'Ouest du village, ne compte plus dans les années 1960 aucun atelier de ce genre. Ne subsiste plus que la rue « des ramoniers », vestige de cette fabrication locale.

         Au début du XXeme siècle, Coutiches voit ses terrains exploités par la création de carrières de sable sur le lieu dit « Le Bru ». Cette activité très importante disparait dès 1950. Il en est de même pour l'exploitation de terres glaises vendues aux poteries d'Orchies.

         Pour finir, les commerces fluctuant au gré des populations ont peu à peu déclinées au fur et à mesure des flux de la population. Ainsi, alors qu'en 1910 Coutiches comptait 60 débits de boissons, en 1960 il n'en reste que 13.

 

 5) Flux de la population :

         La population de Coutiches connait dès 1830 une chute dès lors que son territoire de "Faumont" est amputé pour la création de la dite commune de Faumont.

L'exode rural connu sur tout le territoire français se confirme aussi à Coutiches. Ainsi, la population de 1851 avec 2151 habitants est de 1521 en 1962.

Le retour à la « vie à la campagne » opérant dès la fin du XXeme siècle se confirme. Ainsi, aujourd'hui, Coutiches compte 2724 habitants en 2012. Cette population vit en majeure partie une vie professionnelle extramuros de Coutiches pour rejoindre la métropole Lilloise.

 

 6) Patrimoine

 

Trois châteaux sont mentionnés sur le territoire de Coutiches au fil des siècles:

-- celui de Pintignies (Sortie de Coutiches vers Flines);

-- celui de Panama (aux confins de Faumont, aux Sars et Louviers)

- - et celui du Molinel (rue du Molinel).

Le patrimoine religieux  est présent par l’Eglise Notre-Dame de Foy, néo-romane re-construite en 1823 par Bonlet (architecte de Douai).Son dernier sonneur, vivant dans une véritable chaumière au toit de chaume, située le long du courant de Coutiches et à l'extrémité du chemin de Lannay, s'éteindra à la fin des années cinquante.

Ce patrimoine religieux intègre également le Calvaire en 1758 et les chapelles : Notre-Dame-des-Fièvres, Notre-Dame-du-Mont-Carmel en 1850, Sainte-Philomène en 1856, Notre-Dame-de-Lourdes en 1891, Notre-Dame-de-Foy en 1955.

         Sur une gravure du XVIe siècle, actuellement conservée à la municipalité de Bruxelles, on peut y apercevoir trois édifices significatifs : une église à deux nefs, la chapelle des fièvres lieu de pèlerinage remontant au haut Moyen-Age, et un bâtiment important. Ce dernier, une ferme probablement, voit s’édifier plus tardivement un moulin, probablement à grain, comme on en trouvait de nombreux à l'époque, sur une butte qui a été arasée il y a à peine trente ans, et qui se situait sur la route entre Coutiches et Auchy. La ferme existe encore avec un bâtiment de pierre de l'époque. La gravure avait été commandée par le Duc Charles de Croÿ, dont le domaine permettait d'aller à cheval de la frontière belgo-néerlandaise jusqu'à Senlis. Elle fait partie d'une collection qui présente toutes les localités ayant appartenu au Duc, celui-ci n'ayant jamais pu faire le tour de ses propriétés à cheval, sinon grâce à elle.