Avertissement : ce billet est le second d'une série de publications... Je vous conseille fortement de lire chronologiquement celles-ci. 

 

Mes investigations sur les registres de l’état-civil offrent les éléments suivants :

 

            Virginie Galand :

            Elle est née le 13 avril 1831 à Lille au petit matin. Fille naturelle, elle a pour mère Virginie Joseph Galand, alors âgée de 26 ans comme en témoigne son acte de naissance. Cette dernière, native de Lompret, réside au numéro 3 de la rue de la Baignerie à Lille. La déclaration de naissance est faite par Thérèse Beuvlet accoucheuse patentée à Lille accompagnée de Louis Leu, 30 ans, cordonnier, et Jacques Legrand, 65 ans, badigeonneur, tous deux résidant à Lille.  (Acte n° 771, p 513/956, Naissances Lille 1830-1831)

On ne mesure que difficilement son parcours entre sa naissance qui a été suivie de son dépôt à l’Hospice et la célébration de son mariage. Mais l’acte consignant cette dernière nous renseigne sur le fait qu’elle ait gardé contact avec sa mère. Ainsi, Virginie Galand s’unit le 19 avril 1852 à Roubaix avec Jean Baptiste Joseph Lecomte. Celui-ci est alors un tisserand âgé de 29 ans, natif de Roubaix et y ayant élu domicile, fils de parents décédés. Virginie est accompagnée, à l’occasion de son union, de sa mère, Virginie Joseph Galand, avec qui elle réside alors à Wazemmes. La mère est repasseuse, la fille journalière, elles ne savent ni l’une ni l’autre écrire et/ou signer.  (Acte n°88, p 72/1064, Mariages Roubaix 1852-1856)

Le fait qu’elle s’unisse à Roubaix avec un Roubaisien de souche m’a intriguée alors même que Virginie réside avec sa mère à Lille. L’exploration du répertoire des nourrices tenu sur les communes dépendant du ressort des hospices Lillois nous permet d’y repérer notre Virginie Galand : elle apparait née le 13 avril 1831, placée le lendemain chez le dénommé Benjamin Beuscart à Roubaix, accompagnée d’une enfant abandonnée, à l’identité artificielle  d’Augustine Corvée. Il est aisé d’imaginer notre Virginie élevée chez sa famille nourricière. Toutefois, on ne pourra davantage préciser le déroulé depuis sa prime enfance, aucun renseignement n’indique jusqu’à quelle date elle y est restée. Au regard des pratiques de l’époque, Virginie a pu rester confiée en cette famille jusqu’à sa majorité, qui alors était de 21 ans ! Or, 21 ans  étant née en 1831, cela donne l’opération suivante « 1831+21 = 1852 » ! Exactement l’année de son mariage. Effectivement, le renvoi de l’enfant à sa famille et/ou son destin incertain, était le sort réservé aux enfants confiés aux hospices. En extrapolant un peu plus loin, il est possible qu’après avoir été radiée des listes des enfants assistés, ayant atteint sa 21ème année, Virginie se soit rapprochée de sa mère temporairement, avant de convoler en justes noces avec son Jean Baptiste, rencontré lors de son placement en nourrice à Roubaix.

Le couple Lecomte, de ce qu’il m’a été donné de constater, a eu 3 enfants : Eugène Joseph Lecomte en 1856, Léa Lecomte en 1864 et Henri Joseph Lecomte en 1866. C’est Eugène Joseph qui déclare le décès de Virginie Galand le 22 octobre 1898 à Roubaix : elle était alors âgée de 67 ans et demi, résidait avec son époux Rue du Tilleul, sa mère Virginie Joseph Galand, vivait alors à Lille. (Acte n°234, p 201/384, Décès Roubaix 1898 volume 2)

 

A suivre......